1 Corinthiens 7,1-24

 1. Pour entrer dans le texte

Le passage proposé à notre étude évoque deux données sociologiques qu’il s’agit de comprendre dans leur contexte : l’esclavage et le mariage

A. Le statut de l’esclave dans l’Antiquité

L’institution de l’esclavage est une évidence pour la mentalité antique – une évidence que personne ne songerait à remettre en question, même si certains mouvements philosophiques commencent à la critiquer au tournant de notre ère. L’esclave n’est pas une chose : on le considère comme un être humain; toutefois il fait partie des biens meubles de son maître. L’esclave n’a pas d’existence sociale ni juridique, mais il est intégré dans un réseau familial. Un esclave ne peut se marier : même s’il vit maritalement, ce lien n’a aucune valeur juridique et le maître (pater familias) dispose à son gré de ses enfants. Le droit de vie et de mort exercé par le propriétaire de l’esclave est limité dès les débuts de l’Empire romain. Une tension traverse toute l’institution de l’esclavage : l’esclave n’a, au plan du droit civil, aucun droit, mais selon le droit naturel, on lui reconnaît le statut de personne humaine. Un esclave est ainsi une sorte de sous-homme. Comme l’écrit Paul Veyne : « Les Romains vivaient dans une peur sourde de leurs esclaves, à la manière de ceux de nos contemporains qui ont des dobermans. Car l’esclave, cet être tout naturellement inférieur, est un familier, que l’on « aime » et châtie paternellement et de qui on se fait obéir et « aimer ». Si bien que son rapport à son maître est dangereux, car ambivalent : l’amour peut se retourner tout à coup en haine (…). » (La vie privée dans l’Empire romain Ed. du Seuil, 2015, p. 55) Des rapports affectifs se mêlent ainsi à des relations de dépendance.Identifiez-vous: Login ou inscrivez vous au cours pour lire la suite de ce contenu