Un glossaire pour étudier la Bible

Alexandrie

De nombreuses villes du bassin Est-méditerranéen et du Moyen-Orient (jusqu’aux rives de l’Indus et les montagnes d’Afghanistan) portent ce nom en référence à Alexandre le Grand qui a conquis, depuis la Macédoine, cette région au 4ème siècle avant Jésus-Christ. Soit que la création de cette ville lui soit attribuée, soit que cette ville rende ainsi hommage au conquérant. Lorsqu’elle n’est pas précisée géographiquement, ce nom désigne Alexandrie d’Égypte.

Cette ville fut la capitale de l’Égypte, célèbre pour son phare (une des 7 merveilles du monde). Elle abrita aussi une importante communauté juive et fut le lieu de la rencontre entre la culture grecque et la culture juive. C’est dans cette ville qu’est traditionnellement située la traduction de l’Ancien Testament en langue grecque : la Septante.

C’est en général cette traduction qui est utilisée par les auteurs du Nouveau Testament lorsqu’ils citent l’Ancien.

Capharnaüm

Village de pêcheurs sur les rives du lac de Tibériade, dans la province de Galilée. A l’époque de Jésus, il devait comporter un peu plus de 1’000 habitants. Souvent cité dans les Évangiles, il semble être un lieu important dans l’activité de prédicateur – thaumaturge en Galilée.

Son caractère composite, les allusions fréquentes à des foules de malades les plus divers des récits bibliques ont conduit ce nom à devenir une expression française désignant le désordre ou la confusion.

Centenier

Synonyme de centurion, le mot désigne un officier romain qui commande une compagnie d’env. 100 hommes. Il s’agit souvent du chef d’une garnison romaine locale.

Collecteurs d’impôts

Parfois désigné par le terme de « publicain » dans les anciennes traductions bibliques, le collecteur d’impôts est un habitant d’un pays occupé par les romains qui reçoit de ces derniers la tâche de collecter les impôts pour l’occupant.

Du fait du système de calcul de l’impôt souvent opaque, il a la réputation d’être injuste ou corrompue. Politiquement, il est un collaborateur de l’occupant. Sur le plan religieux, ses contacts réguliers avec les païens ou avec leur monnaie comportant des effigies de divinités païennes, le classe dans la catégorie des impurs. Trois raisons (morale, politique et religieuse) qui expliquent sa mauvaise réputation dans la société palestinienne au temps de Jésus.

Concile de Jérusalem

Cette appellation désigne une assemblée tenue dans la première Église de Jérusalem et qui statue sur l’ouverture de la communauté des juifs chrétiens aux chrétiens issus du paganisme. Cette événement est rapporté dans le livre des Actes des Apôtres (Act 15,1-31).

Esaïe

Ce terme désigne soit une personne : le prophète Esaïe, soit un livre de l’Ancien Testament, celui dit du prophète Esaïe.

Le prophète Esaïe (dont le nom hébreu signifie « Yahvé sauve ») est un personnage historique qui a vécu à Jérusalem au VIIIème siècle avant notre ère (2 Rois 19). Ses interventions prophétiques prennent place dans un contexte historique de montée de la puissance assyrienne dans le Proche orient. En 701 avt J.-C. le roi assyrien Sennachérib met le siège à la capitale du royaume de Juda. Celui-ci s’avère être un échec dont rendent compte les annales assyriennes et les livres bibliques (2 Rois 19,35).

Le livre dit du prophète Esaïe est un des livres de l’Ancien Testament. Il comprend 66 chapitres. On reconnaît généralement trois parties dans ce livre. La première (chap. 1 à 39) comporte des textes remontant la plupart à l’Esaïe historique. La deuxième (chap. 40 à 55) rassemble des textes qui se rapportent à la période de la chute de Jérusalem sous les coups de butoir des babyloniens (587 avt. J.-C.). La troisième (chap. 56-66) regroupe des textes se rapportant à la situation de l’Exil à Babylone et du retour à Jérusalem au moment de la domination perse (Vème siècle avant notre ère).

Eschatologie, eschatologique

Désigne tout discours qui a trait à la fin des temps. Vient du grec « eschaton » : le dernier.

Exil

Traumatisme fondateur de l’histoire d’Israël et à l’origine de la constitution de l’Ancien testament, ce terme désigne la déportation d’une grande partie des habitants du royaume de Juda après la prise de Jérusalem par les armées babyloniennes en 587 avant notre ère (2 Rois 25, 11-21). Avec la chute de sa capitale, le peuple perd son roi, son temple et sa terre. Alors qu’il aurait été évident d’en conclure à la défaite du Dieu d’Israël, les prophètes et les prêtres opposent une autre réponse : Dieu reste maitre de l’histoire. Ce qui est arrivé n’est pas la défaite de Dieu, mais la conséquence de la désobéissance du peuple et de ses rois. C’est sur la base de cette conviction de foi que se met en place la collecte des éléments de mémoire collective qui va aboutir à la constitution de l’Ancien Testament et à la naissance du judaïsme de l’époque de Jésus.

Gabaonites

Désigne les habitants de Gabaon (ou encore Gibeon), une petite ville à quelques kilomètres au nord de Jérusalem. Dans le livre de Josué, il semble s’agir d’une population autochtone qui habite la région avant l’arrivée des israélites depuis l’Égypte.

Galilée

Ce terme désigne une région du nord d’Israël, à la frontière avec le Liban et la Syrie actuelle. Intégrée au royaume du Nord dans l’Israël antique, elle est une région frontière aux multiples influences culturelles, politiques et religieuses. A l’époque du Nouveau Testament, elle est le lieu principal de l’activité de Jésus. On y trouve Nazareth (la ville où Jésus grandit avant son baptême, Marc 1,9) et Capharnaüm (cf. plus haut).

Gloire

Le terme français traduit le grec du NT « doxa » qui lui-même traduit l’hébreu « kavod ». Étymologiquement, ce dernier terme se rattache à une racine qui signifie « lourd » ou « avoir du poids ».

Dans la Bible, « gloire » est devenu synonyme de « présence de Dieu ».

Herméneutique

Désigne tout ce qui a trait à la question de l’interprétation des textes, c’est-à-dire la question du sens des textes aujourd’hui.

Holocauste

Selon la signification hébraïque, l’holocauste est un sacrifice où l’ensemble de la bête sacrifiée est brulé sur l’autel et donc symboliquement offert totalement à Dieu. Ce type de sacrifice, plutôt exceptionnel et réservé à de grandes occasions (cf. Lv 1, s’oppose au sacrifice de communion ou de paix (Lv 3) où l’animal sacrifié est partagé en trois selon des règles précises. La première partie est brulée pour Dieu, la deuxième revient au prêtre, la troisième revient à l’offrant qui la partage avec ses proches.

Immanence

Désigne la présence de Dieu dans le monde, à l’intérieur du monde ou de l’être humain. Il s’oppose à la transcendance qui désigne le fait que Dieu est extérieur au monde.

Institution de la Cène

Récit biblique qui décrit comment Jésus a célébré la Cène en demandant à ses disciples de reproduire ce geste. (Mt 26 ; Mc 14 ; Lc 22; 1 Co 11)

Kasher

Ce qualificatif désigne les aliments qui sont permis à la consommation selon la loi juive et la Bible hébraïque. La « Kasherout » désigne l’ensemble des règles.

Logia, source Q

Désigne un des documents « source » du travail des évangélistes. Selon l’hypothèse majoritairement admise, circulait au sein des 1ères communautés chrétiennes, avant les Évangiles, une compilation des paroles de Jésus (logia = les paroles) dans lesquels les évangélistes ont puisé pour entreprendre leur propre rédaction. Pour en savoir plus.

Révélation

Désigne la manière dont Dieu se donne à connaître dans l’humanité.

Temps messianiques

Cette expression désigne une espérance eschatologique (cf. plus haut) d’un temps final de l’histoire où se manifeste le Messie pour le plus grand bien des croyants ou de l’humanité toute entière. Cette espérance est déjà présente dans les oracles de l’Ancien Testament, en particulier dans les écrits d’Esaïe. Elle se déploie, sous des formes très diverses, durant la période intertestamentaire et se retrouve dans les écrits du Nouveau Testament, en particulier dans le livre de l’Apocalypse.

Tibériade (lac)

Parfois aussi appelée « Mer de Galilée », le lac de Tibériade est situé au Nord de la Palestine dans la province de Galilée. Cette étendue d’eau joue un rôle économique (pêche, irrigation des cultures, voie de circulation pour le commerce) important dans cette région. Il apparaît régulièrement dans les récits du ministère de Jésus où il tient une place géographique centrale.

Torah

Terme hébreu qui signifie « enseignement, instruction », il désigne pour le judaïsme les 5 premiers livres de l’Ancien Testament (souvent appelés Pentateuque dans le christianisme). Par extension, il peut aussi désigner la bible hébraïque dans son ensemble.

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