Entretien avec Guy Lasserre (suite)

Dans ce nouvel entretien, Guy Lasserre souligne combien notre cours biblique a été en effet une ressource importante pour écrire son dernier livre sur les sacrifices dans l’Ancien Testament.

Photo de Guy Lasserre, auteur du livre "Les sacrifices dans l'Ancien Testament"
Guy Lasserre

Dans ton travail sur les sacrifices, en quoi le cours biblique t’a-t-il été utile ?

Guy Lasserre:

Le Cours biblique a accompagné et stimulé mon travail biblique pendant vingt ans. Il m’a obligé à un travail d’équipe et de recherche exigeant, me confrontant au regard des professeurs qui nous accompagnaient et des membres de l’équipe de rédaction, ce qui était une contrainte et un cadeau.

Un véritable travail d’équipe

Chaque étude était relue et discutée, paragraphe par paragraphe. Les professeurs nous apportaient les avancées de la recherche, nous orientaient dans la bibliographie et veillaient à la qualité des études. Les collègues discutaient les interprétations comme les formulations. J’y ai beaucoup appris, tant pour mes connaissances bibliques que pour ma manière de m’exprimer et d’interpréter les textes. Dans mon parcours professionnel, ce fut un des lieux les plus féconds et heureux de travail en groupe.

A la suite de deux études de notre cours biblique

Pour mon travail sur les sacrifices dans l’Ancien Testament, j’ai bénéficié de ces apports tant pour mes connaissances bibliques, pour ma manière d’écrire que pour les méthodes exégétiques, comment lire les textes, et herméneutiques, comment les interpréter. J’ai aussi repris et approfondi deux études que j’avais faites dans le cadre du cours biblique, l’une sur Lévitique 16, l’autre sur 2 Chroniques 35.

Page de couverture du livre de Guy Lasserre "Les sacrifices dans l'Ancien Testament" représentant un agneau, les pattes liées, posé sur une table
Page de couverture du livre de Guy Lasserre
Les sacrifices dans l’Ancien Testament

Pour commander le dernier livre de Guy Lasserre

Pour avoir un aperçu de cet important ouvrage, il vaut la peine en effet de consulter la note publiée par l’éditeur. Depuis ce lien, vous pouvez ainsi le commander. Vous trouverez toutes les indications utiles dans ce sens à la fin de notre article présentant cette magnifique étude.

Comment l’Eglise est-elle née?

Un livre de Simon Butticaz

Page de couverture du livre de Simon Butticaz "Comment l’Église est-elle née?", édité par les Éditions Labor et Fides à Genève
Éditeur: Labor et Fides, Genève, 2021, 279 pages

Pourquoi ce livre?

Comment l’Eglise est-elle née ? Il s’agit de mettre en évidence comment les premiers croyants ont appréhendé cette réalité qu’ils ont désignée comme « l’église ». La période étudiée couvre des années 30 à 130. Les premiers croyants se dotent d’une organisation sociale, dont il s’agit de comprendre les intérêts et les motivations. Ces communautés sont toutes juives au départ. Elles vont sortir de l’orbite du judaïsme très progressivement dès le 2e siècle. Il n’y a pas un seul modèle d’église mais plusieurs courants: judéo-chrétien, les croyants d’origine non-juives (désignés comme les « hellénistes ») et les mouvements nés de la missions de prédicateurs de Galilée. Ces derniers vont conserver les paroles de Jésus. Tous font référence à Jésus de Nazareth.

Trois périodes pour situer comment l’Eglise est-elle née

Les années 30-60: « une religion de conversion »

C’est le temps des grandes figures apostoliques (Pierre, Jacques et Jean). L’église est guidée par l’action de l’esprit et les dons particuliers de ceas grands apôtres. Le thème dominant est la prédication de la conversion, car on croyait que la fin des temps était proche. Cette première période peut être ainsi désignée, à la suite du théologien allemand Michael Wolter, comme « religion de conversion ».

Les années 60-90: « une religion de tradition »

Avec la mort des derniers témoins de la prédication de Jésus, la mémoire entre en crise. L’armée romaine détruit le temple de Jérusalem en l’an 70. La religion de conversion devient une religion de tradition. Il convient de codifier l’histoire de Jésus et les rites et pratiques des croyants. Cette évolution peut être ainsi qualifiée de « religion de tradition », à la suite toujours de Michael Wolter.

90-130: une religion du livre

Les traditions orales entrent en crise avec le temps qui passe. Le rapport ä l’empire romain et la société civile se complexifie. C’est l’avènement des écritures et des premières collections des écrits chrétiens, à l’origine du Nouveau Testament.

Qui êtes-vous Simon Butticaz?

Simon Butticaz est professeur de Nouveau Testament et traditions chrétiennes anciennes à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne. Son champ de recherche inclut ainsi la complexe question des origines historiques du christianisme. S’interroger sur « Comment l’Église est-elle née? » est une question centrale qu’il revisite et synthétise de manière très accessible. Voilà un outil indispensable pour étudier la Bible, le Nouveau Testament en particulier. Simon Butticaz est également l’auteur de « Le Nouveau Testament sans tabous », que nous vous avons présenté dans un autre article de notre blog.

A regarder sur YouTube: Simon Butticaz présente comment l’Eglise est-elle née?

Pour commander le livre

Plusieurs possibilités de trouver « Comment l’Eglise est-elle née » s’offrent ainsi à vous. Vous pouvez le commander directement chez l’éditeur ou l’obtenir dans des bonnes librairies. Nous vous recommandons ainsi Payot (en Suisse) ou La Procure (en France). Il vaut la peine de lire ce livre pour bénéficier d’une information accessible sur cet important enjeu.

Lecture typologique de la Bible

De quoi parle-t-on?

La lecture typologique est une méthode chrétienne d’interprétation des textes de l’Ancien Testament. Son principe est de considérer les événements ou les personnages de l’AT comme des types annonçant le Christ ou d’autres événements relatées dans le NT. Parfois, elle pose aussi des antétypes qui définissent le Christ par opposition à des figures contraires.

Des racines juives hellenistiques …

Si la lecture typologique est une méthode typiquement chrétienne, elle plonge ses racines dans le judaïsme hellénistique (cf. glossaire). A Alexandrie, des philosophes juifs comme Philon cherchent à faire dialoguer leur foi avec la philosophie et les mythes grecs. Pour cela, ils mettent en rapport des figures vétérotestamentaires avec des personnages des discours philosophiques de Platon ou des récits de la mythologie grecque.

Présentes déjà dans le Nouveau Testament

Le Nouveau Testament recèle aussi des traces de la mise en place de cette méthode de lecture. Jean 3,14 par exemple, éclaire l’annonce de la mort de Jésus en croix par son rapprochement avec l’épisode du serpent de bronze de Moïse dans le désert (Nombres 21,4-9). Le tout pour affirmer le caractère rédempteur de la mort de Jésus. Le principe de cette lecture est aussi ébauchée par l’apôtre Paul lorsqu’il écrit à propos des règles alimentaires contenues dans l’AT: « c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ« .

Le rapport des chrétiens à la bible hébraïque

La question du rapport des chrétiens avec la Bible hébraïque se trouve au cœur de ce principe. Car les premiers chrétiens n’avaient pas d’autres Écritures saintes que cette bible. A la lumière de leur foi en Jésus le Messie mort et ressuscité et devant le constat que de nombreux coreligionnaires juifs ne partageaient pas cette foi, la question se pose pour eux: faut-il continuer à lire cette bible ? Et si oui, comment la lire ? C’est donc tout le rapport du christianisme au judaïsme qui se pose. Comme se posera aussi rapidement la question du lien entre les Écritures chrétiennes (le NT en voie de constitution) et juives.

La réponse de Marcion

Dans cette perspective, on trouve la réponse de Marcion. Celui-ci postule, au début du 2ème siècle, une rupture radicale entre judaïsme et christianisme. Au point d’affirmer que Jésus est une divinité opposée à celle de l’AT. Non seulement, il refuse toute valeur aux textes vétérotestamentaires. Mais en plus il expurge du canon (cf. glossaire) du NT tous les livres qui lui paraissent trop juifs En fait, il ne gardera que l’Évangile selon Luc et des lettres pauliniennes.

Le refus de cette réponse

L’Église naissante va refuser cette position. Elle va affirmer que les deux bibles (hébraïque et grecque) constituent ensemble le canon chrétien. Et donc que le lien entre les deux est de l’ordre de la continuité et non de la rupture. Le plus souvent cette continuité est pensée sur le mode promesse / accomplissement. L’AT contient les promesses de Dieu, le NT en rapporte leur accomplissement.

Origène (cf. glossaire) est le théologien chrétien qui va développer la méthode de lecture typologique dans ce contexte. Pour lui, il y a unité de la Révélation entre AT et NT. Lire les textes de l’AT dans une perspective chrétienne revient à y chercher toutes les traces (parfois infime ou absurde à nos yeux aujourd’hui) qui préfigurent Jésus-Christ.

Quelques exemples

C’est ainsi que le récit de Jonas avalée par le grand poisson (Jn 1,17) devient le type de la mort de Jésus qui se trouve ainsi annoncée. Il en va de même pour le meurtre d’Abel ou le sacrifice d’Isaac. Autant de préfiguration du destin tragique du Christ. Dans cette lecture, le passage de la mer rouge devient préfiguration du baptême, l’assomption du prophète Élie annonce soit la transfiguration, soit la résurrection, etc.

Une influence durable

Cette manière de lire les textes de l’AT va marquer toute la lecture chrétienne de la Bible et d’une certaine manière fait encore sentir ses effets jusqu’à aujourd’hui. On lui reproche cependant de trahir le sens du texte hébraïque en postulant d’y trouver ce qui n’y a pas été mis par ses auteurs.

A table ! Les repas dans la Bible

Étudier la Bible pendant le carême 😉

Vue surplombante de deux bancs et d'une table couverte de plats les uns les plus alléchants que les autres !
Photo: Spencer Davis sur Unsplash

Les repas occupent une place centrale dans la Bible. En effet, dans le monde antique, tant gréco-romain que dans le monde juif, les repas remplissent une fonction centrale. Ils ritualisent et codifient la relation entre Dieu et les être humains. Nous trouvons ainsi, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament, de nombreux textes où il est question de repas ou de rites en lien avec la nourriture. Notre cours biblique 2019-2020 explore différents textes bibliques consacrés à cette importante thématique. Pour le commander, voir ci-dessous, à la fin de cet article.

Les repas, des marqueurs identitaires forts … dès le début de la Bible

Tout au début de la Bible, dans les récits de la création du monde, le rapport à la nourriture est immédiatement thématisé. Le premier ordre donné par Dieu à l’humain concerne, en effet, ce qu’il convient de faire pour s’alimenter (Genèse 1,29-30). Et qui ne connaît pas la célèbre image du fruit défendu tendu par le serpent à Eve? Un fruit dont la tradition en a fait une pomme, en raison tout simplement du latin pomma (selon la traduction en latin de l’Ancien Testament), mot désignant tout simplement « fruit ».

Une main tendant une pomme, le tout sur fond noir, belle illustration symbolique de notre cours sur les repas dans la Bible
Photo: ANDREAS BODEMER sur Unsplash

« A table ! » les repas dans l’Ancien Testament

Au thème de la nourriture est intimement liée celle de la vie et de la mort. Ainsi, manger pour survivre, manger comme acte social. En effet, comme dans toute société antique, la question de la nourriture fait l’objet de nombreux rituels et de nombreuses prescriptions, à commencer par tout ce qui touche à la complexe question des sacrifices. A ce sujet, nous vous recommandons vivement la lecture du livre de Guy Lasserre sur les sacrifices dans l’Ancien Testament, qui vient d’être publié.

A table ! » les repas dans le Nouveau Testament

Les repas occupent aussi une belle place dans le Nouveau Testament. Ainsi, le célèbre récit dit des « noces de Cana » (Évangile de Jean 2,1-11) préfigure la gloire à venir de Jésus, associée à l’idée de la joie et de la convivialité. Certains repas révèlent un aspect fondamental du ministère de Jésus, comme celui de l’intégration des personnes exclues. C’est par exemple le cas du repas de Jésus avec les pécheurs, rapportés par les Évangiles de Matthieu (9,9-13, de Marc (2,13-17) et de Luc (5,27-32). A cela s’ajoutent bien sûr les récits de multiplication de nourriture (pains ou poissons) et, bien évidemment , les récits d’institution du dernier repas, dont le plus ancien est celui rapporté par l’apôtre Paul dans sa Première lettre aux Corinthiens (11,23-26).

Pour commander notre cours « A table! Le repas dans la Bible

Page de couverture de notre cours biblique "A table! Les repas dans la Bible"  (cours 2019-2020)
Illustration du cours « A table! Le repas dans la Bible » Cours biblique 2019-2020

Rien de plus simple pour commander ce cours, en remplissant le formulaire de mande directement dans notre site. Voilà une belle occasion, en effet, de se plonger, durant le Carême ou à tout autre moment de l’année, dans la thématique des repas dans la Bible.

« Rahab la spacieuse »

Le coup de cœur de Daniel Marguerat pour Noël

Un coup de cœur spécial de Daniel Marguerat pour Noël

A la suite de son premier coup de cœur, Daniel Marguerat nous propose comme coup de cœur spécial pour Noël le dernier livre de Francine Carrillo, intitulé Rahab la spacieuse. Cet ouvrage a été publié tout récemment par les Éditions Ouverture (Le Mont-sur-Lausanne, novembre 2020, 61 pages).

Pour Daniel Marguerat, voilà en effet « un livre qui parle du passage de frontières, d’insurrection de la conscience et de sauvetage de l’humain. Rahab est décrite comme « une femme de tête chez qui intelligence et cœur font alliance pour chercher par où la vie doit passer au moment précis où les nœuds la compliquent » (p. 43). »

Qui est Rahab ?

Rahab est une femme dont nous parle en effet à deux reprises le Livre de Josué. Elle habitait la ville de Jéricho. C’est elle qui va accueillir les espions envoyés par Josué pour préparer la prise de la ville et la conquête du pays de Canaan. Dans Josué 2,1-21, nous pouvons relire l’épisode de l’accueil des deux espions israélites et de l’organisation de leur fuite. Dans Josué 6,22-25, lors de la prise de Jéricho, les Israélites vont alors mettre Rahab et sa famille à l’abri, avant d’incendier toute la ville.

Pourquoi Rahab la spacieuse?

Le nom de Rahab explique le titre du livre, Rahab la spacieuse. Son nom porte en effet en lui l’idée d’ouverture, d’élargissement et d’espace. C’est cela qui explique pourquoi Francine Carrillo la désigne ici comme « la spacieuse ».

Rahab dans le Nouveau Testament

Rahab figure aussi dans la généalogie de Jésus ouvrant l’Évangile selon Matthieu. En effet, cela n’est pas par hasard. Elle a permis au peuple d’Israël de passer dans la terre promise après 40 années passées au désert. Et la généalogie transcrit le passage générationnel depuis Abraham (Matthieu 1,1) à Joseph, Marie et Jésus (Matthieu 1,16). Enfin, la généalogie marque le passage de l’Ancien au Nouveau Testament. On retrouve Rahab également dans la Lettre aux Hébreux (11,31) et dans la Lettre de Jacques (2,25).

Pour en savoir plus, voir l’interview de Francine Carrillo publiée dans le site Réformés.ch

Photo de Francine Carrillo, dans son interview publiée par réformés.ch le 23 novembre 2020.
Lien vers l’interview de Francine Carrillo : reformés.ch

Francine Carrillo apporte de nombreuses et passionnantes précisions sur son livre dans cette interview réalisée par Estelle Pastoris pour Protestinfo. Ce projet d’écriture est né en plein contexte de la pandémie. Il destiné à aider lectrices et lecteurs à traverser le « semi-confinement » actuel. Elle explique notamment comment, selon elle, s’identifier à Rahab peut nous aider aujourd’hui à traverser existentiellement et spirituellement la crise, au moment où précisément, « les nœuds la compliquent » (p. 43).

Les coups de cœur de Daniel Marguerat: « Jésus. L’histoire d’une Parole »

Photo du théologien Daniel Marguerat, prise à l'occasion d'une interview à Lausanne, le 7 mai 2019
7 mai 2019 Lausanne Interview du théologien Daniel Marguerat, photo PATRICK MARTIN

Notre site étudier la Bible a le plaisir de vous présenter une nouvelle chronique, les coups de cœur de Daniel Marguerat. Daniel Marguerat est professeur émérite de Nouveau Testament de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne. Il a écrit de nombreux ouvrages, dont certains ont été traduits en plusieurs langues. Il nous présente ici un livre ou une publication qu’il estime particulièrement remarquable ou originale. Pour cette première chronique, c’est Jésus. L’histoire d’une Parole, de Frédéric Boyer et Serge Bloch, qu’il nous présente. Cet ouvrage vient de paraître, chez l’éditeur Bayard, en octobre 2020. Voilà une belle occasion d’enrichir votre bibliothèque. Et pourquoi pas, un cadeau plein de sens à prévoir pour les fêtes de fin d’année.

Photo de couverture du livre "Jésus. L'histoire d'une Parole", écrit par Frédéric Boyer et illustré par des dessins de Serge Bloch (Bayard, Paris, 2020)

Jésus, l’histoire d’une parole

Pour Daniel Marguerat, ce livre est particulièrement remarquable. En effet, « en dix-sept chapitres, de l’attente du Messie à la résurrection, on suit le scénario des évangiles pas à pas ; mais l’intention n’est pas de reconstituer les faits ou les événements. C’est l’impact des paroles et des actes du Nazaréen qui est déchiffré ici, avec une insistance sur leur validité, leur tranchant et leur résonance au cœur de l’humain. Une lecture actualisée, pourrait-on dire« .

Un coup de cœur, à déguster sans modération!

Pour Daniel Marguerat, c’est vraiment un coup de cœur. Le texte et les images s’entremêlent, pour le plus grand bonheur de la lecture. C’est là une grande originalité. « Un livre à déguster entre les dessins (forts, à la limite de la caricature) de Bloch et la superbe écriture de Boyer. Il inspirera les lecteurs et lectrices de l’Évangile, et donnera des ailes aux prédicateurs. Un exemple de leur commentaire sur la parabole du grain de moutarde:« Le Royaume du ciel se construit dans la poussière de nos pas« .

Pour en savoir plus sur ce livre

Pour en savoir plus sur ce livre, il vaut la peine de regarder l’interview de Frédéric Boyer, publiée sur la chaîne YouTube de la librairie Mollat.

Un campus numérique pour étudier la Bible

Connaissez-vous « Campus protestant »?

Il existe sur le web de nombreuses ressources numériques. Nous vous avons présenté récemment des ressources insoupçonnées pour apprendre l’hébreu biblique et lire l’Ancien Testament dans sa version originale. Voici maintenant Campus protestant. Il s’agit d’un portail web, qui se conçoit, selon ses auteurs « comme une plate-forme de réflexion et de diffusion de la pensée et de la culture protestante au travers de contenus vidéos. Ceux-ci sont divers et variés: cours, conférences, présentations, etc.

Des ressources riches et variées pour étudier la Bible, le tout gratuitement

Campus protestant offre un portail avec six entrées: Bible, théologie, éthique, histoire, religions et culture. Cela vaut la peine d’y jeter un œil ! Les ressources sont multiples pour étudier la Bible et s’intéresser aux questions théologiques d’actualité.

Aux débuts: deux pionniers

Derrière ce projet nous trouvons deux personnalités qui contribuent largement au rayonnement du protestantisme français, depuis de nombreuses années: d’une part, Antoine Nouïs, pasteur et auteur de nombreux livres en lien avec la culture biblique et ancien directeur de l’hebdomadaire Réforme et, d’autre part, Jean-Luc Mouton, ancien directeur lui aussi de Réforme, spécialiste en communication et consultant.

Une véritable université numérique avec de nombreuses ressources pour étudier la Bible

Campus protestant est présent aussi sous la forme d’une chaîne YouTube. Les ressources pour étudier la Bible y occupent une place importante. La rubrique « Bible » offre à l’heure actuelle 176 vidéos.

Dans le top ten des viédos le plus regardées, on signalera entre autre « Les manuscrits de Qumrân contredisent-ils la Bible » et « Quelle est l’origine des textes bibliques? ». Ce portail numérique offre ainsi des ressources gratuites considérables. Le souhait de leurs auteurs est d’offrir au plus large public des vidéos de grande qualité théologique. Ils souhaitent offrir en particulier des ressources gratuites à celles et à ceux qui n’ont pas accès à des bibliothèques des facultés de théologie.

campus numérique pour étudier la bible
Photo: Annie Spratt (sur Unsplah)

Un trésor à découvrir

Une nouvelle version de la Bible en français courant (NFC)

nouvelle version de la bible en français courant

La Bible en français courant est sortie en 1982. Une édition révisée a été publiée en 1997. Une deuxième révision a été effectuée de 2016 à 2019. Les vœux de l’équipe de révision est d’offrir à ses lecteurs et lectrices « un trésor à découvrir ». Tel est le propos de la « lettre au lecteur » offerte en préface.

La Bible en français courant, en bref

La NFC est conçue comme une véritable Bible d’étude. Elle comprend, comme les éditions précédentes de la Bible en français courant, des notes, des introductions, des cartes et un glossaire. Son objectif est d’offrir un texte immédiatement accessible et agréable à la lecture. Elle vise en particulier les lecteurs et lectrices ne bénéficiant pas de culture biblique préalable. Par des phrases courtes et des formulations évitant toute ambiguïté, celle-ci convient particulièrement bien à la lecture en public.

Les nouveautés de 2019

Un effort particulier a porté sur l’adaptation du vocabulaire, en fonction de l’évolution de la langue. Les mots devenus désuets ont été remplacés. Un vocabulaire théologique ou religieux plus important a été utilisé (alliance, résurrection, bénir, etc.).

Tous ces concepts sont précisés dans le glossaire figurant à la fin du volume (« vocabulaire »). Il convient de signaler aussi le recours à un langage plus épicène. Quand le texte original, hébreu ou grec, désigne des hommes et des femmes ensemble, il est question « d’hommes et de femmes ».

bible en français courant
Photo: Margarida CSilva (Unsplash)

Un conseil avant l’achat !

La NFC dont nous avons fait l’acquisition est imprimée sur du « papier bible » tellement fin rend la lecture difficile ! L’impression au verso apparaît en filigrane. A vérifier au moment de l’achat 🙂

Étudier la Bible dans son contexte historique

Foi et histoire. On oppose volontiers les deux. Pourtant, l’un en va pas sans l’autre. Étudier la Bible dans son milieu historique évite bien des méprises dans l’interprétation des textes. Pour cela il existe d’excellents outils. Les livres bibliques ont été composés à une époque très différente de la nôtre. Sous estimer cela peut conduire à de graves malentendus.

Des outils pour situer la Bible dans son contexte historique

Nous disposons ainsi d’outils très facilement accessibles pour situer les textes bibliques dans leur contexte historique. Tout d’abord, mentionnons les Bibles d’études. Celles-ci fournissent de nombreuses précisions: mots difficiles, données géographiques, précisions sur le contexte historiques, les gens, le monde politique, etc.. Elles offrent des tableaux, des cartes, des glossaires fort utiles.

Comprendre le monde du Nouveau Testament

Un outil particulièrement remarquable est le manuel intitulé Le monde où vivait Jésus, édité par Hugues Cousin (Éditions du Cerf, Paris, 1988). Les 800 pages de cet important ouvrage ne devraient pas en décourager l’accès! Ce livre est accessible en bibliothèque ou directement sur le site de l’éditeur.

Ce qu’on peut savoir de l’époque de Jésus

La première partie résume l’essentiel de ce qu’on peut savoir de la vie des juifs dans l’Empire romain au 1er siècle: géographie, langues et populations, la civilisation hellénistique et le pouvoir romain, la diaspora, l’organisation politique locale dans la Judée.

Ce qu’on peut savoir de la foi et des pratiques juives

Comprendre le monde dans lequel Jésus vivait passe par l’étude sérieuse de ce qu’on peut savoir de la foi et des pratiques juives: le culte (le culte au Temple de Jérusalem, la synagogue, le sabbat et les fêtes), la lecture de l’Écriture, le système de croyance (la foi au Dieu Un, le messianisme, la résurrection des morts), les patriarches et les prophètes), les différents mouvements (pharisiens, sadducéens, esséniens, zélotes, baptistes, chrétiens, Galiléens, Samaritains).

Un accès direct aux sources

La grande originalité de cet ouvrage est d’offrir de nombreux extraits de textes et de citations (558 en tout !). Il permet ainsi de lire ainsi de nombreux extraits d’auteurs anciens juifs (comme par exemple Flavius Josèphe), romains, grecs, etc. Cela est très précieux car ces textes ne sont pas toujours évidents à trouver. Cet accès direct aux sources historiques est remarquable. Certes, cela explique la dimension volumineuse de l’ouvrage. Mais celui-ci reste un ouvrage à consulter largement plutôt qu’à lire de part en part!

De nombreux index fort utiles !

De nombreux index rendent son utilisation très aisée: index des citations, index des thèmes, des noms de personnes et des lieux géographiques. A cela s’ajoutent une bibliographie, une liste des abréviations et de la provenance des traductions. cela vaut la peine d’y jeter un œil !

contexte biblique historique

Hugues Cousin (éd.), Le monde où vivait Jésus, Cerf, Paris, 1988.

A consulter également

Le glossaire de notre cours « étudier la Bible » 2019-2020.

Une revue pour étudier la Bible, depuis 30 ans

La revue Lire&Dire c’est quoi

La revue Lire&Dire a été crée en 1989. Elle souffle cette année sa 30e bougie ! Lire&dire sort 4 numéros par année, comprenant chaque fois 4 études exégétiques de textes bibliques. le but est de stimuler la prédication par une étude rigoureuse des textes bibliques.

Un sacré parcours

Lire&Dire c’est 30 ans de travail autour de la Bible. Chaque numéro est préparé par une équipe en Suisse, en France, en Belgique, … Cela fait à ce jour 122 numéros. Un total de 560 articles ! En tout, ce sont 450 auteurs qui vous offrent le fruit de leur travail. Chaque étude est le fruit d’un travail de lecture et de discernement en groupe.

Au début, une impulsion de Daniel Marguerat

Daniel Marguerat
Daniel Marguerat

Nous devons l’existence de cette revue à l’initiative de Daniel Marguerat. Professeur de la Faculté de théologie de l’Université de Lausanne (Suisse), ce dernier souhaitait combler une lacune dans le monde francophone. De telles revues existent en allemand et en anglais.

De très nombreuses études bibliques facilement accessibles

Vous imaginez bien qu’à raison de 4 numéros annuels offrant 4 études chaque fois, de très nombreux textes ont été abordés. Sur le site de la revue un index très utile offre la liste des textes étudiés à ce jour. Il présente aussi les numéros à paraître.

Le bon plan

Vous avez la possibilité de télécharger une étude gratuitement. N’hésitez plus, cela en vaut la peine.

30 bougies !

La revue fête son anniversaire à Crêt-Bérard le 23 septembre 2019 avec un colloque très original, ouvert à toutes et à tous.

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