Une stimulante introduction à l’Ancien Testament

Page de titre du livre de Gérard Billon, Introduction à l'Ancien Testament, publié dans la collection "Mon ABC de la Bible" (éditions du Cerf, Paris)
Gérard Billon, Introduction à l’Ancien Testament, Cerf, Paris, 2018, 160 pages

Un manuel fort utile pour entrer dans le vaste monde de l’Ancien Testament

A la suite de notre présentation de l’introduction au Nouveau Testament, nous avons le plaisir de vous présenter, cette fois, cette introduction à l’Ancien Testament. L’Ancien Testament est en effet pas simple à aborder. Il vaut la peine, pour s’orienter, de faire l’acquisition d’une Bible d’étude. Dans un de nos articles, nous avons présenté les trois meilleures bibles d’étude en français actuellement disponibles.

Un chandelier à sept branches, avec des bougies rouges, posé sur une bible en langue hébraïque, pour illustrer notre présentation de l'introduction à l'Ancien Testament
Photo: Diana Polekhina sur Unsplash

L’introduction à l’Ancien Testament, en bref

L’Ancien Testament, « un livre pour deux religions »

Ce livre comprend 12 chapitres. L’introduction (« Un livre pour deux religions ») précise les indispensables notions-clé. Vous trouverez la liste des abréviations des livres bibliques rassemblés à l’origine de l’Ancien Testament. Vous trouverez également les principales listes de livres bibliques (« canons des écritures »). En effet, le « canon juif » et le canon chrétien » ne donnent pas les livres dans le même ordre.

Une matière fort bien structurée

Les titres des chapitres évoquent beaucoup de choses. les deux premiers posent les bases. Le premier (« Avant de parcourir ces livres ») nous parle des origines du texte, des manuscrits et des langues utilisées. Il précise aussi les notions-clé: « La Loi, le salut et l’Évangile ». Le deuxième (« Agencement de l’Ancien Testament ») explique la structure de base: La loi, les prophètes et les autres écrits.

Des mots clé stimulants

L’essentiel des chapitres (3 à 11) nous emmène dans un parcours très dynamique: la terre (3), L’Alliance (4), la Loi (5), le culte (6), raconter (7), la parole prophétique (8), la sagesse et la poésie (9), Dieu et les êtres humains (10) et la réception de l’Ancien Testament (11).

Des « clés pour notre culture »

Le dernier chapitre rassemble des « clés » pour mieux comprendre notre culture actuelle. Il baliser en effet les liens entre l’Ancien Testament et les arts plastiques, la musique, la littérature et le cinéma.

Mon ABC de la Bible

Mon ABC de la Bible est une collection de petits livres très pratiques, présentant chacun un livre de la Bible. Cette collection est très dynamique. Elle est produite par les Éditions du Cerf, à Paris. La collection comprend, à l’heure actuelle, 19 titres. Et cela continue! Nous vous tiendrons au courant des prochaines parutions. Nous mettrons ainsi un accent particulier pour présenter les livres en lien avec les thèmes de nos cours bibliques.

Comment commander cette Introduction à l’Ancien Testament?

Nous vous recommandons la Librairie Payot (en Suisse) ou La Procure (en France). Vous pouvez aussi commander cet ouvrage auprès de votre libraire de proximité.

Une stimulante introduction au Nouveau Testament

Page de couverture du livre de Ludovic Nebel: Introduction au Nouveau Testament, publié par les Éditions du Cerf en 2017.
Ludovic Nobel, Introduction au Nouveau Testament, Cerf, Paris 2017

Un manuel de travail fort utile

La collection Mon ABC de la Bible offre de nombreuses ressources pour étudier la Bible. Celle-ci est en effet édite par les Éditions du Cerf, à Paris. Nous attirons ainsi volontiers votre attention sur cette introduction au Nouveau Testament, très compacte (172 pages). Celle-ci en effet comprend 14 chapitres. Elle comprend à la fin un lexique, une chronologie, des cartes et une bibliographie.

Une présentation de l’ensemble des écrits du Nouveau Testament

Le premier chapitre présente les Évangiles dit synoptiques (Matthieu, Marc et Luc). Le deuxième aborde le corpus dit johannique (Évangile de Jean, lettres de Jean et Apocalypse). Le troisième évoque les lettres (lettres de Paul et les lettres dites catholiques).

Belle photo d'un Nouveau Testament ouvert, à la première page
Photo: Tim Wildsmith sur Unsplash

Deux compléments bienvenu

Un chapitre présente en effet la question des autres écrits qui n’ont pas été retenu au moment de la constitution du Nouveau Testament, les écrits dits apocryphes. Un autre chapitre aborde la fondamentale question du contexte, culturel, géographique et historique.

Une riche réflexion

Cette introduction au Nouveau Testament aborde ainsi diverses questions théologiques. Pour donner un échantillon, cela touche à la proximité du Royaume, à l’accomplissement des écritures, à l’appel à la perfection,…

Des ouvertures

Les deux derniers chapitres évoquent la question de la réception des écrits et enfin, « des clés pour comprendre notre culture » (chapitre 14). Voilà, en effet, un outil indispensable pour étudier la Bible et s’abonner à nos cours.

Pour acheter ce livre

Nous vous recommandons, en Suisse, la libraire Payot. Pour la France la libraire La Procure. Les sites internet de ces libraires offrent sans autre la possibilité de commander cet ouvrage. Nous vous souhaitons beaucoup de satisfaction à la lecture de celui-ci.

Le top 3 de nos cours etudierlabible.ch

En bref, le top 3 de nos cours etudierlabible.ch

Le top 3 de nos cours etudierlabible.ch sont, dans l’ordre, « Jésus, une prière décalée » (cours 2018-2019), « Quand le malheur frappe… Job: en-quête du Dieu juste » (cours 2020-2021) et « Curieuses paraboles » (cours 2015-2016). Nous vous les présentons de suite ci-dessous. Ces cours sont, en effet, de magnifiques ressources pour étudier les textes bibliques, tant ceux de l’Ancien Testament que ceux du Nouveau-Testament.

N° 1 du top 3: « Jésus, une prière décalée »

Page de couverture de notre cours 2018-2019 "Jésus, une prière décalée"
La prière – cours 2018-2019

Les spiritualités sont de retour. En effet, on en parle, y compris dans les endroits les plus inattendus. Même les chefs d’entreprise travaillent leur vie spirituelle dans le but d’être plus performants ? Partout, on propose ainsi des stages de méditations, des méthodes pour prier et développer sa spiritualité. Depuis plus de 2000 ans, les textes du Nouveau Testament jouent donc un rôle essentiel dans la vie spirituelle et tout particulièrement ceux qui nous racontent la prière de Jésus, son enseignement sur la question.

Une place particulière pour la prière

A travers l’étude de textes des Évangiles, vous découvrirez en effet quelle place originale Jésus accorde à la prière dans sa vie et dans son enseignement. Une excellente occasion de questionner et d’approfondir le rôle que tient la prière individuelle ou communautaire dans votre vie.

N° 2 du top 3: « Quand le malheur frappe… Job: en-quête du Dieu juste »

Page de couverture de notre cours 2020-2021 "Quand le malheur frappe... Job: en-quête du Dieu juste"
Job – cours 2020-2021

Un jour … tout s’effondre !

Un jour tout va bien et le lendemain tout s’effondre. Les piliers de ma vie ne sont plus : conjoint-e, enfants, amis, logement, travail, réputation, bien-être, réussite… Il ne me reste rien. Que mes yeux pour pleurer. Autour de moi des consolations faciles, des mots gentils mais creux qui aggravent ma solitude. Même Dieu reste silencieux à mes prières et je ne le comprends plus. Où était-il quand tout cela m’est arrivé ? Où est-il aujourd’hui quand le malheur frappe ?

Cette histoire peut être la mienne

Cette histoire, en effet peut-être la mienne, est celle de Job dont l’histoire ne cesse d’intriguer, de questionner, de bouleverser les lecteurs-trices de la Bible depuis plus de 2000 ans. C’est donc l’histoire de la quête du Dieu juste qui fait remettre en cause bien des certitudes et permet pourtant d’apercevoir un trait de lumière.

N° 3 du top 3: « Curieuses paraboles »

Page de couverture de notre cours 2015-2016 "Curieuses paraboles"
Les paraboles
cours 2015-2016

Les paraboles, on croit les connaître, et, à la lecture, elles ne cessent d’étonner. Les Évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) rendent en effet compte de la pratique de Jésus de « parler en paraboles » pour raconter la proximité ou la présence de Dieu sans langage religieux. Par elles, Jésus donne donc à percevoir la proximité de Dieu dans des histoires étranges, parfois choquantes ou scandaleuses, qui déplacent le lecteur, s’il le veut bien. Dix études pour découvrir l’univers des paraboles et… se laisser surprendre.

Pour commander le top 3 de nos cours: etudierlabible.ch

En effet, rien de plus simple pour commander le top 3 des cours etudierlabible.ch. Rendez-vous sur notre page dédiée à la commande des anciens cours ! Vous trouverez aussi des cours gratuits, directement téléchargeables.

Les bons plans d’etudierlabible.ch

Notre cours 2006-2007 « EN QUÊTE DE SAGESSEProverbes, Job, Qohéleth » abordait également des textes du Livre de Job. Ce cours est actuellement gratuit et directement téléchargeable sur notre site. A lire également, nos articles sur la question du sens de la souffrance et sur la foi chrétienne au défi de la souffrance.

Entretien avec Guy Lasserre (suite)

Dans ce nouvel entretien, Guy Lasserre souligne combien notre cours biblique a été en effet une ressource importante pour écrire son dernier livre sur les sacrifices dans l’Ancien Testament.

Photo de Guy Lasserre, auteur du livre "Les sacrifices dans l'Ancien Testament"
Guy Lasserre

Dans ton travail sur les sacrifices, en quoi le cours biblique t’a-t-il été utile ?

Guy Lasserre:

Le Cours biblique a accompagné et stimulé mon travail biblique pendant vingt ans. Il m’a obligé à un travail d’équipe et de recherche exigeant, me confrontant au regard des professeurs qui nous accompagnaient et des membres de l’équipe de rédaction, ce qui était une contrainte et un cadeau.

Un véritable travail d’équipe

Chaque étude était relue et discutée, paragraphe par paragraphe. Les professeurs nous apportaient les avancées de la recherche, nous orientaient dans la bibliographie et veillaient à la qualité des études. Les collègues discutaient les interprétations comme les formulations. J’y ai beaucoup appris, tant pour mes connaissances bibliques que pour ma manière de m’exprimer et d’interpréter les textes. Dans mon parcours professionnel, ce fut un des lieux les plus féconds et heureux de travail en groupe.

A la suite de deux études de notre cours biblique

Pour mon travail sur les sacrifices dans l’Ancien Testament, j’ai bénéficié de ces apports tant pour mes connaissances bibliques, pour ma manière d’écrire que pour les méthodes exégétiques, comment lire les textes, et herméneutiques, comment les interpréter. J’ai aussi repris et approfondi deux études que j’avais faites dans le cadre du cours biblique, l’une sur Lévitique 16, l’autre sur 2 Chroniques 35.

Page de couverture du livre de Guy Lasserre "Les sacrifices dans l'Ancien Testament" représentant un agneau, les pattes liées, posé sur une table
Page de couverture du livre de Guy Lasserre
Les sacrifices dans l’Ancien Testament

Pour commander le dernier livre de Guy Lasserre

Pour avoir un aperçu de cet important ouvrage, il vaut la peine en effet de consulter la note publiée par l’éditeur. Depuis ce lien, vous pouvez ainsi le commander. Vous trouverez toutes les indications utiles dans ce sens à la fin de notre article présentant cette magnifique étude.

Comment l’Eglise est-elle née?

Un livre de Simon Butticaz

Page de couverture du livre de Simon Butticaz "Comment l’Église est-elle née?", édité par les Éditions Labor et Fides à Genève
Éditeur: Labor et Fides, Genève, 2021, 279 pages

Pourquoi ce livre?

Comment l’Eglise est-elle née ? Il s’agit de mettre en évidence comment les premiers croyants ont appréhendé cette réalité qu’ils ont désignée comme « l’église ». La période étudiée couvre des années 30 à 130. Les premiers croyants se dotent d’une organisation sociale, dont il s’agit de comprendre les intérêts et les motivations. Ces communautés sont toutes juives au départ. Elles vont sortir de l’orbite du judaïsme très progressivement dès le 2e siècle. Il n’y a pas un seul modèle d’église mais plusieurs courants: judéo-chrétien, les croyants d’origine non-juives (désignés comme les « hellénistes ») et les mouvements nés de la missions de prédicateurs de Galilée. Ces derniers vont conserver les paroles de Jésus. Tous font référence à Jésus de Nazareth.

Trois périodes pour situer comment l’Eglise est-elle née

Les années 30-60: « une religion de conversion »

C’est le temps des grandes figures apostoliques (Pierre, Jacques et Jean). L’église est guidée par l’action de l’esprit et les dons particuliers de ceas grands apôtres. Le thème dominant est la prédication de la conversion, car on croyait que la fin des temps était proche. Cette première période peut être ainsi désignée, à la suite du théologien allemand Michael Wolter, comme « religion de conversion ».

Les années 60-90: « une religion de tradition »

Avec la mort des derniers témoins de la prédication de Jésus, la mémoire entre en crise. L’armée romaine détruit le temple de Jérusalem en l’an 70. La religion de conversion devient une religion de tradition. Il convient de codifier l’histoire de Jésus et les rites et pratiques des croyants. Cette évolution peut être ainsi qualifiée de « religion de tradition », à la suite toujours de Michael Wolter.

90-130: une religion du livre

Les traditions orales entrent en crise avec le temps qui passe. Le rapport ä l’empire romain et la société civile se complexifie. C’est l’avènement des écritures et des premières collections des écrits chrétiens, à l’origine du Nouveau Testament.

Qui êtes-vous Simon Butticaz?

Simon Butticaz est professeur de Nouveau Testament et traditions chrétiennes anciennes à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne. Son champ de recherche inclut ainsi la complexe question des origines historiques du christianisme. S’interroger sur « Comment l’Église est-elle née? » est une question centrale qu’il revisite et synthétise de manière très accessible. Voilà un outil indispensable pour étudier la Bible, le Nouveau Testament en particulier. Simon Butticaz est également l’auteur de « Le Nouveau Testament sans tabous », que nous vous avons présenté dans un autre article de notre blog.

A regarder sur YouTube: Simon Butticaz présente comment l’Eglise est-elle née?

Pour commander le livre

Plusieurs possibilités de trouver « Comment l’Eglise est-elle née » s’offrent ainsi à vous. Vous pouvez le commander directement chez l’éditeur ou l’obtenir dans des bonnes librairies. Nous vous recommandons ainsi Payot (en Suisse) ou La Procure (en France). Il vaut la peine de lire ce livre pour bénéficier d’une information accessible sur cet important enjeu.

Entretien avec Guy Lasserre

Auteur du livre « Les sacrifices dans l’Ancien Testament »

Guy Lasserre, pasteur et docteur en théologie de l’Église réformée évangélique du Canton de Vaud (Suisse) vient de publier une étude remarquable sur la difficile question des sacrifices dans l’Ancien Testament. Nous en avons rendu compte dans un précédent article.

Photo de Guy Lasserre, auteur du livre "Les sacrifices dans l'Ancien Testament"

Guy Lasserre, pourquoi vaut-il la peine, encore aujourd’hui, de s’intéresser à l’Ancien Testament ?

Pour moi, il y a trois raisons principales. La Bible hébraïque, devenue pour les chrétiens l’Ancien Testament, présente pour Jésus et ses premiers disciples les Écritures de référence, même si la liste de ses livres est alors encore en cours de définition. Quand ils argumentent, ils y renvoient et leur culture religieuse est déterminée par les manières dont le judaïsme de leur temps les a reçues et dont elles ont marqué ses pratiques.

Des situations historiques très diverses

Une deuxième raison est que la Bible hébraïque atteste de paroles que les traditions juives et chrétiennes ont reconnues comme Parole de Dieu. Au-travers d’elles, le Seigneur se révèle et elles permettent de reconstruire diverses manières dont les croyants qui les ont prononcées et transmises ont compris et vécu leur expérience de Dieu. Par rapport au Nouveau Testament, l’Ancien a l’avantage d’avoir été écrit sur un temps plus long et de refléter des situations historiques plus diverses.

Une histoire s’étalant sur plus de 500 ans

Le Nouveau est comme un concentré de diverses facettes de ces expériences sur un temps bref, au plus un siècle entre les paroles de Jésus et la rédaction des derniers livres, alors que l’Ancien reflète une histoire qui s’étale sur plus d’un demi millénaire, entre le temps de la royauté israélite et l’époque hellénistique, avec des traditions prétendant raconter des événements encore plus anciens. Les rapports entre religion et société y sont par exemple très divers entre des rois, jugés fidèles ou infidèles, vus comme représentants du Seigneur et des situations désespérantes d’échecs politiques et économiques ainsi que de soumission à des empires étrangers.

Comprendre d’où nous venons

Finalement, étudier l’Ancien Testament appartient au travail historique pour mieux comprendre une part importante des sources de nos sociétés occidentales. Ce travail permet aussi d’entrer dans des cultures différentes et de prendre distance de la nôtre. Il répond en plus à la curiosité humaine, comme toute recherche de connaissances.

Page de couverture du livre de Guy Lasserre sur les sacrifices dans l'Ancien Testament

Pour commander ce livre

Plusieurs possibilités de commander l’étude de Guy Lasserre s’offrent à vous: vous pouvez le trouver directement chez l’éditeur ou l’obtenir dans des bonnes libraires comme Payot (en Suisse) ou La Procure (en France). Nous vous recommandons en effet vivement la lecture de cet ouvrage, consacré à un sujet difficile et délicat mais ô combien important.

Lecture typologique de la Bible

De quoi parle-t-on?

La lecture typologique est une méthode chrétienne d’interprétation des textes de l’Ancien Testament. Son principe est de considérer les événements ou les personnages de l’AT comme des types annonçant le Christ ou d’autres événements relatées dans le NT. Parfois, elle pose aussi des antétypes qui définissent le Christ par opposition à des figures contraires.

Des racines juives hellenistiques …

Si la lecture typologique est une méthode typiquement chrétienne, elle plonge ses racines dans le judaïsme hellénistique (cf. glossaire). A Alexandrie, des philosophes juifs comme Philon cherchent à faire dialoguer leur foi avec la philosophie et les mythes grecs. Pour cela, ils mettent en rapport des figures vétérotestamentaires avec des personnages des discours philosophiques de Platon ou des récits de la mythologie grecque.

Présentes déjà dans le Nouveau Testament

Le Nouveau Testament recèle aussi des traces de la mise en place de cette méthode de lecture. Jean 3,14 par exemple, éclaire l’annonce de la mort de Jésus en croix par son rapprochement avec l’épisode du serpent de bronze de Moïse dans le désert (Nombres 21,4-9). Le tout pour affirmer le caractère rédempteur de la mort de Jésus. Le principe de cette lecture est aussi ébauchée par l’apôtre Paul lorsqu’il écrit à propos des règles alimentaires contenues dans l’AT: « c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ« .

Le rapport des chrétiens à la bible hébraïque

La question du rapport des chrétiens avec la Bible hébraïque se trouve au cœur de ce principe. Car les premiers chrétiens n’avaient pas d’autres Écritures saintes que cette bible. A la lumière de leur foi en Jésus le Messie mort et ressuscité et devant le constat que de nombreux coreligionnaires juifs ne partageaient pas cette foi, la question se pose pour eux: faut-il continuer à lire cette bible ? Et si oui, comment la lire ? C’est donc tout le rapport du christianisme au judaïsme qui se pose. Comme se posera aussi rapidement la question du lien entre les Écritures chrétiennes (le NT en voie de constitution) et juives.

La réponse de Marcion

Dans cette perspective, on trouve la réponse de Marcion. Celui-ci postule, au début du 2ème siècle, une rupture radicale entre judaïsme et christianisme. Au point d’affirmer que Jésus est une divinité opposée à celle de l’AT. Non seulement, il refuse toute valeur aux textes vétérotestamentaires. Mais en plus il expurge du canon (cf. glossaire) du NT tous les livres qui lui paraissent trop juifs En fait, il ne gardera que l’Évangile selon Luc et des lettres pauliniennes.

Le refus de cette réponse

L’Église naissante va refuser cette position. Elle va affirmer que les deux bibles (hébraïque et grecque) constituent ensemble le canon chrétien. Et donc que le lien entre les deux est de l’ordre de la continuité et non de la rupture. Le plus souvent cette continuité est pensée sur le mode promesse / accomplissement. L’AT contient les promesses de Dieu, le NT en rapporte leur accomplissement.

Origène (cf. glossaire) est le théologien chrétien qui va développer la méthode de lecture typologique dans ce contexte. Pour lui, il y a unité de la Révélation entre AT et NT. Lire les textes de l’AT dans une perspective chrétienne revient à y chercher toutes les traces (parfois infime ou absurde à nos yeux aujourd’hui) qui préfigurent Jésus-Christ.

Quelques exemples

C’est ainsi que le récit de Jonas avalée par le grand poisson (Jn 1,17) devient le type de la mort de Jésus qui se trouve ainsi annoncée. Il en va de même pour le meurtre d’Abel ou le sacrifice d’Isaac. Autant de préfiguration du destin tragique du Christ. Dans cette lecture, le passage de la mer rouge devient préfiguration du baptême, l’assomption du prophète Élie annonce soit la transfiguration, soit la résurrection, etc.

Une influence durable

Cette manière de lire les textes de l’AT va marquer toute la lecture chrétienne de la Bible et d’une certaine manière fait encore sentir ses effets jusqu’à aujourd’hui. On lui reproche cependant de trahir le sens du texte hébraïque en postulant d’y trouver ce qui n’y a pas été mis par ses auteurs.

Ta foi t’a guéri

Le coup de cœur de Daniel Marguerat pour Pâques

Ta foi t’a guéri : un livre de Pierre Trigano

Pour Daniel Marguerat, le dernier livre de Pierre Trigano « Ta foi t’a guéri » est remarquable à plus d’un titre. Ce dernier nous offre, en effet « une approche originale des récits de guérison de Jésus de la part de ce psychanalyste, à partir de la tradition juive. On est un peu décoiffé en découvrant que pour Trigano, le Jésus guérisseur vient éveiller en l’humain une puissance de bonheur enfouie au profond de lui. Relues ainsi, les guérisons de Jésus prennent une actualité percutante. »

« Va, ta foi t’a guéri »

Photo: CDC sur Unsplash

« Ta foi t’a guéri » : le livre de Pierre Trigano doit en effet son titre à la célèbre parole de Jésus, dans le récit de la guérison de l’aveugle de Jéricho « va, ta foi t’a guéri ». Nous trouvons ce récit dans l’Évangile de Marc (10,46-52). Ce récit est d’une grande force. Le miracle réside en effet non pas dans un geste thérapeutique de Jésus mais uniquement dans cette déclaration « va, ta foi t’a guéri ». C’est, selon le texte biblique, cette parole agissante et soignante qui sanctionne la guérison. Celle-ci survient en effet à la demande de la personne aveugle s’adressant avec conviction à Jésus. Ce dernier lui demande alors « que veux-tu que je te fasse? » Et la personne de répondre « mon maître, que je recouvre la vue ».

Ne laissons pas s’endormir la puissance du bonheur

Daniel Marguerat nous partage deux perles tirées de « Ta foi t’a guéri ». Celles-ci illustrent bien, en effet, le sous-titre du livre « ne laissons pas s’endormir la puissance du bonheur ». Tout un programme !

« Cultiver dans nos vies la puissance divine du bonheur et donc intégrer notre droit divin à ce bonheur » (page 22).

Jésus « nous enjoint de passer à une “nouvelle rive” de l’évolution humaine. De quitter la rive sombre et tragique, où domine provisoirement le prince de ce monde depuis la chute originelle, pour rejoindre la rive nouvelle où règne le Seigneur de l’Univers, YHWH Elohim, la puissance divine du bonheur. » (page 73).

Où commander ce livre?

Plusieurs possibilités de commander ce livre s’offrent ainsi à vous: vous pouvez le trouver directement chez l’éditeur, les Éditions Cabédita. Vous pouvez aussi l’obtenir dans des bonnes librairies comme Payot (en Suisse) ou La Procure (en France).

A table ! Les repas dans la Bible

Étudier la Bible pendant le carême 😉

Vue surplombante de deux bancs et d'une table couverte de plats les uns les plus alléchants que les autres !
Photo: Spencer Davis sur Unsplash

Les repas occupent une place centrale dans la Bible. En effet, dans le monde antique, tant gréco-romain que dans le monde juif, les repas remplissent une fonction centrale. Ils ritualisent et codifient la relation entre Dieu et les être humains. Nous trouvons ainsi, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament, de nombreux textes où il est question de repas ou de rites en lien avec la nourriture. Notre cours biblique 2019-2020 explore différents textes bibliques consacrés à cette importante thématique. Pour le commander, voir ci-dessous, à la fin de cet article.

Les repas, des marqueurs identitaires forts … dès le début de la Bible

Tout au début de la Bible, dans les récits de la création du monde, le rapport à la nourriture est immédiatement thématisé. Le premier ordre donné par Dieu à l’humain concerne, en effet, ce qu’il convient de faire pour s’alimenter (Genèse 1,29-30). Et qui ne connaît pas la célèbre image du fruit défendu tendu par le serpent à Eve? Un fruit dont la tradition en a fait une pomme, en raison tout simplement du latin pomma (selon la traduction en latin de l’Ancien Testament), mot désignant tout simplement « fruit ».

Une main tendant une pomme, le tout sur fond noir, belle illustration symbolique de notre cours sur les repas dans la Bible
Photo: ANDREAS BODEMER sur Unsplash

« A table ! » les repas dans l’Ancien Testament

Au thème de la nourriture est intimement liée celle de la vie et de la mort. Ainsi, manger pour survivre, manger comme acte social. En effet, comme dans toute société antique, la question de la nourriture fait l’objet de nombreux rituels et de nombreuses prescriptions, à commencer par tout ce qui touche à la complexe question des sacrifices. A ce sujet, nous vous recommandons vivement la lecture du livre de Guy Lasserre sur les sacrifices dans l’Ancien Testament, qui vient d’être publié.

A table ! » les repas dans le Nouveau Testament

Les repas occupent aussi une belle place dans le Nouveau Testament. Ainsi, le célèbre récit dit des « noces de Cana » (Évangile de Jean 2,1-11) préfigure la gloire à venir de Jésus, associée à l’idée de la joie et de la convivialité. Certains repas révèlent un aspect fondamental du ministère de Jésus, comme celui de l’intégration des personnes exclues. C’est par exemple le cas du repas de Jésus avec les pécheurs, rapportés par les Évangiles de Matthieu (9,9-13, de Marc (2,13-17) et de Luc (5,27-32). A cela s’ajoutent bien sûr les récits de multiplication de nourriture (pains ou poissons) et, bien évidemment , les récits d’institution du dernier repas, dont le plus ancien est celui rapporté par l’apôtre Paul dans sa Première lettre aux Corinthiens (11,23-26).

Pour commander notre cours « A table! Le repas dans la Bible

Page de couverture de notre cours biblique "A table! Les repas dans la Bible"  (cours 2019-2020)
Illustration du cours « A table! Le repas dans la Bible » Cours biblique 2019-2020

Rien de plus simple pour commander ce cours, en remplissant le formulaire de mande directement dans notre site. Voilà une belle occasion, en effet, de se plonger, durant le Carême ou à tout autre moment de l’année, dans la thématique des repas dans la Bible.

Les sacrifices dans l’Ancien Testament

Un livre de Guy Lasserre

Page de couverture du livre de Guy Lasserre, Les sacrifices dans l'Ancien Testament, Labor et Fides, Genève, 2021.
Labor et Fides, Genève, 2021, 228 pages

Les sacrifices: un des dossiers les plus délicats de l’Ancien Testament

S’il est une notion qui signifie l’inévitable écart entre les temps anciens et nous, c’est bien celle de sacrifice. En effet, par sacrifice on entend généralement une intense série d’efforts et de privations pour atteindre un objectif exceptionnel (« faire de grands sacrifices » pour gagner une médaille d’or aux jeux olympiques). Mais, dans l’Ancien Testament – tout comme dans d’autres religions – la fonction des sacrifices renvoie à d’autres choses: s’attirer les bonnes grâces des forces divines (tout comme vis-à-vis du roi), signifier la reconnaissance ou obtenir pardon ou réparation de la relation avec Dieu. A la pratique des sacrifices est indéniablement liée une forme de violence, par la mise à mort d’animaux, voire même d’être humains dans certaines anciennes civilisations, mais la ritualisation des sacrifices la limite. Dans l’Ancien Testament, les sacrifices sont nécessaires au culte. On doit à Guy Lasserre, dr en théologie et pasteur de l’Église réformée évangélique du Canton de Vaud (EERV), cette très précieuse et fort utile contribution. L’auteur nous aide à y voir beaucoup plus clair dans ce délicat dossier. Il passe ainsi en revue quelques textes importants de l’Ancien Testament parlant de sacrifices. Voilà un sujet à aborder sans tabou, avec méthode et honnêteté intellectuelle, pour étudier les textes bibliques de façon critique.

Belle illustration de l'enjeu particulier des sacrifices dans l'Ancien Testament: un agneau innocemment couché, les yeux fermés, contre une palissade en bois
Photo: Daniel Sandvik sur Unsplash

Des textes scrutés en détail

Guy Lasserre passe en revue des textes clés de l’Ancien Testament parlant de sacrifices. Il aborde ceux-ci toujours selon le même canevas. Tout d’abord, une introduction présente la thématique propre à chaque texte étudié et en précise le contexte historique. Ensuite, un commentaire permet de prendre la mesure de la profondeur du propos du texte. Enfin, l’auteur dresse une synthèse de son analyse et donne des ouvertures en direction du Nouveau Testament et aussi quelques remarques à des fins d’actualisation. Un chapitre d’introduction offre un premier repérage de la thématique, les principales définitions et des clarifications de méthode.

Photo: Mick Haupt sur Unsplash

Une série de 6 textes fondamentaux de l’Ancien Testament sur les sacrifices passés au crible

Ensuite, six chapitres explorent les principaux textes, tirés des livres du Lévitique (Lv 1, « Tout donner », chapitre 2 et Lv 16,1-28 « Vivre la réconciliation », chapitre 6), des Nombres (Nb 28,1-8 « Une relation pour chaque jour », chapitre 3) de l’Exode (Ex 24,1-11 « Célébrer l’Alliance », chapitre 4), du Deutéronome (Dt 12,2-28 « Des repas de fêtes », chapitre 5) et enfin de II Chroniques (2 Ch 35,1-19 « Des rites en évolution », chapitre 7). Ces titres de chapitres sont emblématiques des enjeux centraux liés à la question des sacrifices: l’histoire, en devenir, des relations harmonieuses entre communautés humaines et forces divines, une ouverture sur le devenir.

De l’Ancien Testament à aujourd’hui

Un chapitre conclusif – intitulé « De l’Ancien Testament à aujourd’hui » – reprend les résultats en montrant les grandes lignes de l’évolution du mot sacrifice et des pratiques jusqu’à leur abandon, puis présente quelques enjeux concernant les rites, la spiritualité et les questions écologiques.

Où commander ce livre?

Plusieurs possibilités de commander ce livre s’offrent à vous: vous pouvez le trouver directement chez l’éditeur ou l’obtenir dans des bonnes libraires comme Payot (en Suisse) ou La Procure (en France). Nous vous recommandons vivement la lecture de cet ouvrage, consacré à un sujet difficile et délicat mais ô combien important.

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